
Pour sa nouvelle exposition, Gilles Cenazandotti a conçu une série de sculptures (d’espèces menacées) exclusivement composées et recouverts de matériaux de récupération et de toutes sortes d’objets plastiques échoués sur les plages. L’artiste explore cette possible nouvelle évolution qui dénonce tout autant l’absurdité de l’ère consumériste.
Que se passera-t-il quand la marée débordera de nos produits rejetés, abandonnés sur terre et recueillis par la mer, quand la pollution aura touché tellement d’espèces que la vie sera diminuée ?
J’ai déjà imaginé ces univers dans mes sculptures, des cités en mouvement nécessaires à la survie des hommes. Cette science fiction est proche quand on voit que les animaux changent déjà de territoire. On peut se demander ce qu’ils deviendront, comme tant d’espèces aujourd’hui disparues, s’ils ne trouvent plus de ressources.
Certains ont déjà mis leur génie à cloner, à robotiser et à réinventer la faune et la flore. J’imagine ainsi des animaux issus de ces clonages, résultats de notre société de consommation et du surnombre de ses produits dérivés. Mon travail consiste à faire prendre conscience de cette dérive, à montrer cette diversité qui lutte avec l’élément naturel.
Impressionné par tout ce que la mer rejette et transforme à son tour, je récolte sur les plages les produits dérivés du pétrole et de son industrie. Le choix d’animaux faisant partie des espèces menacées complète cette démarche. En recouvrant ces animaux d’une nouvelle peau récoltée en bord de mer j’espère attirer l’attention sur cette métamorphose possible. Trompe l’œil d’une réalité modifiée.
